BIOGRAPHIE
par Catherine Damour

Délixia Perrine est née un 1er avril dans le sud de l'Île de la Réunion, de parents rodriguais. Dès l'âge de 20 ans, après un passage par le théâtre Source Vive, elle intègre la troupe du Théâtre Vollard, première compagnie professionnelle de ce département d'outre-mer en pleine ébullition artistique.

De son premier rôle, « Judith », dans Nina Ségamour (1987) à son interprétation de « Rézéda » dans Quartier Français (2002), deux pièces d’Emmanuel Genvrin, elle fut pendant quinze ans au coeur de l'expérimentation du spectacle vivant ultramarin et l'un des piliers de la compagnie insulaire. Sa subtile incarnation de « Jeanne Duval » dans Baudelaire au Paradis (1997) co-produit par le Théâtre de la Presqu’Île de Granville, sa prestation dans Carousel (1992) de Pierre-Louis Rivière et son talent de tragédienne dans Séga Tremblad (1999), font d’elle l’une des grandes comédiennes domiennes de sa génération.

Récompensée en 1990 par un Volcan d'Or pour sa remarquable « Maman Paola » dans Lepervenche, Chemin de Fer, elle s'installe en métropole en 1992 et poursuit sa carrière à Tours et à Paris avec de fréquents allers-retours dans l’Océan Indien.

C'est au cours d'un match de la Ligue d'Improvisation de Touraine, sacrée championne de France en 1996, qu'elle est remarquée par le Théâtre de l'Ante avec lequel s'ensuit une fructueuse collaboration de dix ans. Elle joue, entre autres, dans Dom Juan (1996) de Molière et Le Baobab (1996) de, et mis en scène par Jean-Louis Dumont dont elle est également l'assistante pour La Vie et l'Oeuvre de Victor Hugo (2002) et Le Petit Prince (2000).

L'aventure sur les planches se poursuit parallèlement avec Muriel Naessens de Féminisme Enjeux dans le cadre de représentations de Théâtre de l'Opprimé à Paris et en Seine-Saint-Denis. Ce travail de prévention auprès de femmes victimes fait l'objet de plusieurs spectacles, X = Y (1999), Le Parti Pris de Claire (2003), C’est mon cœur qui choisit (2006), Décid'elles (2008) et plus récemment Rôle (2009).

Au cours de l’année 2006, Petite Valse Chinoise de Christine Pouquet du Centre Dramatique de l’Océan Indien l’emmène en tournée sur les routes de France.

À partir de 2007, Délixia Perrine s'attache plus particulièrement à l’écriture avec des contes, Les Fillandises, présentés à la Cité de la Musique et Fanmarroner en 2010, pour le Collectif 161 de Toulouse. Ses deux créations portent sur le thème l’esclavage à l'Île de la Réunion.

Plusieurs expériences cinématographiques et audiovisuelles jalonnent sa carrière. Elle participe à des clips (Ti-Fock de Sandro Agenor, 1992), des spots publicitaires, des courts (Koud-d kongn de Alain Cadivel et Christophe Divet, 2010) et des longs métrages (La candide madame Duff, de Jean-Pierre Mocky, 1999), (Le sexe des morts, d’Emmanuelle Ohniguian avec Toby Nathan, 2002 ) dont une saga de l'été sur France 2 (Les Secrets du Volcan de Michaëla Watteaux, 2006)

La musique prend aussi une part importante dans son univers. Elle pratique la percussion- roulèr et kayamb - deux instruments présents dans le maloya, rythme traditionnel réunionnais, classé par l’Unesco au patrimoine immatériel de l’humanité en 2009. Elle s’est notamment illustrée avec la formation musicale Tropicadéro lors de concerts et d’animations de rue. Elle a participé à plusieurs stages vocaux dirigés par Henri Ogier et Dominique Moutain, Farid Paya et Jean-Yves Penafiel ou encore Alain-Aloual Dumazel.

Délixia Perrine
C o m é d i e n n e